Tantie, lavandière : «Ce que je fais vaut mieux que le vol et la prostitution»

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En Guinée, la plupart des femmes vivent dans des conditions très précaires. N’ayant appris aucun métier et mariées très tôt, elles quittent leurs maris pour venir chercher de l’argent dans la capitale Conakry. Les travaux qu’elles exercent une fois arrivée, ce sont la cuisine et le lavage manuel des habits.  Tantie, comme nous avons préféré l’appeler, est une jeune dame. Elle a quitté son mari à l’intérieur du pays à la recherche de l’argent.

Mariée et mère d’une fillette, Tantie est à Conakry il y a près d’un an. Dès son arrivée, elle s’est mise à la recherche des clients qui lui fournissent des habits sales qu’elle lave contre des modiques sommes d’argent. Tout ce labeur, pour vivre heureuse chez son époux polygame. « L’argent que je vais amasser, je vais acheter des habits, des bols et d’autres choses pour embellir ma chambre. Le reste, je vais investir dans quelque chose », planifie-t-elle.

En période pluvieuse, trouver des habits à laver n’était pas chose facile et le soleil se faisait rare pour sécher les. Pour ne pas utiliser la petite somme d’argent qu’elle a économisée, la jeune dame s’est trouvé un autre emploi où elle faisait la cuisine pour un couple. A l’approche de la saison sèche, à cause de la crise d’eau, elle a été contrainte de démissionner pour reprendre son travail.

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En ce qui concerne ce qu’elle gagne après chaque linge, elle ne cache  pas. « Ça dépend du nombre d’habits, quelquefois, je peux gagner 20 000, 30 000 francs guinéens », dit-elle.

Un tas d’habits prêt à être lavé

Les difficultés, elles sont en rencontre beaucoup dans son travail. Certaines personnes ne sont pas indulgentes Tantie. Lorsqu’un habit se perd, elle victime de grossièretés.

Tantie a une seule phrase : « Quel que soit ce que l’on fait, on doit le faire dignement. Ce que je fais vaut mieux que le vol et la prostitution », conclut-elle.

Dieudonné Aly KOMANO

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