Sister Lessa, rappeuse : « La valeur d’une femme, c’est quand tu peux faire quelque chose par toi-même… »

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Cette jeune fille est l’une des figures féminines du rap guinéen aujourd’hui. Elle a franchi des étapes importantes pour en arriver là. Sourire aux lèvres, les mains allant dans tous les sens, c’est dans cette atmosphère détendue que la native de Kankan a accordé un entretien à notre rédaction.

Salématou Camara, à l’état civil,  a fait ses études primaires à l’école primaire Aviation au quartier Gbessia. Elle rejoint quelque temps plus tôt Billy école de la même localité de la 6è année en 10ème en l’an 2000. Après l’obtention de son BEPC, Camara poursuit  part au lycée SEMYG 2 entre 2005 et 2006. Elle rate une année à cause d’une maladie qui l’a paralysée pendant huit mois. La chanteuse ne passera le baccalauréat qu’en 2008. Malheureusement, elle échoue à cet examen mais suit plus tard une formation en informatique gestion à l’école professionnelle IPM de Kipé de 2013 à 2014.

Quant à la carrière artistique, Salématou Camara a commencé par la danse à l’âge de 3 ans. En 2002 déjà, elle intègre un groupe de danse dénommé ‘’Même Taille’’ dont les éléments sont éparpillés un peu partout  aujourd’hui. En 2007, Sister Lessa découvre la musique avec Marcus du groupe Banlieuz’Art et Bouba du groupe Degg-J Force 3. « J’ai rencontré Marcus en 2006 quand je faisais le bac. En ce moment, je chantais du dancehall. Il m’a dit de changer le style, je lui ai dit que je veux faire de la musique et mes parents me disent de terminer les études d’abord. Marcus dit oui c’est bien, même moi, j’étudie en même temps que je fais de la musique. Essaie de te concentrer d’abord sur le bac », a-t-elle expliqué.

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En 2007, Sister rencontre à nouveau son coach Marcus.  Celui-ci lui propose après un test, de faire le rap. Une année plus tard, Bouba du Degg-J Force 3 croise la jeune chanteuse. Depuis lors, Salématou Camara a plus de 9 singles sur le marché dont ‘’ Fo Khikholi’’ sorti en janvier 2019 et ‘’Voisine’’ clip audio et vidéo en 2018.

Lessa cuisine lentement mais sûrement, un album et une sortie africaine. L’album pourrait contenir 10 titres sous la production du groupe Hadafo média et le management de Abedji. Cette sortie qu’elle prépare regroupe une vingtaine de pays africains. « J’ai chanté beaucoup de musiques, mais mon album ne comportera que 10. La sortie de l’album pourrait se faire en fin d’année. Pour le moment rien n’est clair, c’est à la production d’en décider, au retour des festivals que je prépare », a-t-elle indiqué. 

Chacun ayant des projets, l’ancienne élève de Billy école rêve de se faire produire à l’étranger, faire des tournées internationales, de grands concerts et fonder une famille comme toute autre femme. « Je veux travailler comme les autres femmes, et avoir une famille. Je compte aussi aller à l’extérieur, travailler avec des grandes maisons de production, faire des clips… », prévoit-elle.

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La rappeuse ayant participé à de grands concerts comme celui de Keyla, conseille aux filles et femmes de Guinée. « Ce que je peux donner comme conseil aux femmes et filles qui veulent faire comme moi, qui se disent que nous on est femmes on ne peut pas du rap ou on ne peut être dans les institutions, être présidentes. La valeur d’une femme, c’est quand tu peux faire quelque chose par toi-même que l’homme va te valoriser, parce que moi en tant que rappeuse, j’ai surmonté beaucoup d’obstacles. Mais je n’ai jamais reculé malgré qu’on est ségréguées dans la musique urbaine. Les hommes se mettent dans la tête qu’on ne peut pas faire quelque chose comme eux. Pourtant, ils mentent. Aujourd’hui, si Takana a pu faire quelque chose pour que le monde le voie, une Keyla-K peut le faire, Sister Lessa peut le faire, Ashley peut le faire et plein d’autres », a-t-elle dit avec assurance et fierté.

Salématou Camara termine l’entretien par dire que la femme n’est seulement faite pour le ménage. Elle n’est pas, ajoute-t-elle, un instrument de service.

Crédit photos: SLC

Mohamed Capi Camara

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