Mira Kourouma, maquilleuse professionnelle : « La seule personne qui peut vous prendre en charge durant toute votre vie, c’est vous-même »

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Mira Kourouma, maquilleuse professionnelle et Directeur générale de l'Institut Mira Beauté
Mira Kourouma, maquilleuse professionnelle et Directeur générale de l'Institut Mira Beauté

Mira Kourouma est une jeune dame. Coiffeuse et maquilleuse professionnelle de grande renommée, propriétaire de l’institut Mira Beauty, elle inspire beaucoup d’autres jeunes filles et dames de Conakry. Comment a-t-elle poursuivi son petit bonhomme de chemin pour arriver là ? www.laguineenne.net s’est rendu à son institut, lisez !

Il était 14 heures ce mardi 25 février 2020 lorsque nous sommes arrivés à Camayenne, un des quartiers de la capitale guinéenne. Le soleil brille de tous ses éclats et la poussière devient le fond teint de tous les usagers de la route. Lentement, nous nous sommes dirigés vers le super Bobo juste en bas de l’immeuble Les cheveux blancs. C’est ici que travail Mme Mira Kourouma. Situé dans le quartier Camayenne dans la commune de Dixinn à environ quelques kilomètres du centre -ville de Kaloum. Là se trouve un salon de coiffure majoritairement remplie par les jeunes filles. Elles sont là pour apprendre les métiers de coiffeuse et de maquilleuse. La patronne de cet institut de beauté, c’est Mira Kourouma.

Déjà, elle est dans son salon de beauté assise dans une chaise. Dans la salle de réception, Mira demande de patienter quelques minutes pour commencer l’interview. En un laps de temps, son assistant finit de repasser sa veste puis elle la porte. La voilà toute belle habillée à la française. Devant le miroir, Mira contemple sa beauté, une manière d’affirmer sa personnalité.

Dans son bureau joliment aménagé, l’entretien commence par cette phrase qu’elle prononce pour nous donner le feu vert : « Je vous écoute !» Assise dans son fauteuil, détendue et souriante, Madame Kourouma regarde dans le passé pour raconter son enfance : « J’ai eu une enfance pas terrible. J’ai toujours eu presque tout ce que je voulais. Mes parents ne sont pas très riches mais ils m’ont donné tout ce qu’on voulait. On ne manquait de rien On mangeait à notre faim, on partait à l’école normalement », se souvient- elle.

Mira a étudié pendant treize ans. Après avoir raté le baccalauréat, elle a décidé de ne pas croiser les bras, car pour elle, la vie ne s’arrête pas là. C’est ainsi qu’elle s’est lancée dans les affaires avant de se rendre à Paris pour apprendre le métier de maquilleuse : « Je suis maquilleuse et coiffeuse en même temps, mais la coiffure je ne la pratique pas trop, sinon la formation que j’ai faite est maquillage-coiffure. Je me suis retrouvée dedans en 2014 quand j’ai ouvert une boutique à la Bellevue. Comme il y avait beaucoup de concurrents, je me suis dit pourquoi ne pas faire autre chose. J’ai vu que j’avais la possibilité d’aller en France. Je me suis dit que je vais aller apprendre le maquillage, parce qu’à l’époque il y avait fort le maquillage, le contouring. Maquillage professionnel, il n’y en avait pas. Donc du coup, j’ai été à Paris où je me suis formée pendant un an et j’ai eu un diplôme avec une mention ‘’Excellent’’. Après, j’ai ouvert un salon ».

Mère de deux jolies filles, la réussite de Mira n’a rien d’extraordinaire. « Mon secret, c’est le courage », dévoile-t-elle.
Avec le sourire aux lèvres, Mira n’a pas voulu parler de sa vie conjugale mais elle a fini par nous dire : « J’ai deux enfants, je ne suis pas…. J’ai été… ».

Mira Kourouma, maquilleuse professionnelle et Directeur générale de l'Institut Mira Beauté

Mira satisfaite et rêveuse

Avec un ton sérieux, Mira aborde l’apprentissage des métiers et particulièrement du maquillage par les jeunes filles : « Ça dépend de tout un chacun sinon moi, je me suis dit que tout ce qu’on peut faire comme métier est bon. En en fait, il n’y a pas de sot métier. C’est vrai qu’actuellement les filles ont tendance à pousser à apprendre le maquillage parce que tout le monde veut être beau. Et la couture aussi, tout le monde veut vraiment être un peu plus classe. Les filles elles pratiquent plus ces deux métiers-là », dit-elle.
Son sac à main sur ces genoux, la jeune dame pense qu’au-delà de ces deux métiers, la gente féminine peut d’autres :« On peut faire autre chose. Il y a des filles qui font la mécanique, il y a d’autres qui font la maçonnerie, donc, il n’y a pas que le maquillage et la couture .»

Aujourd’hui, Mira est fière de son travail et satisfaite des retombées de son métier : « Ma plus grande satisfaction, c’est quand les clientes qui viennent me disent :’’ J’ai été dans ton salon, j’ai été hyper satisfaite, le maquillage, la coiffure et l’accueil étaient vraiment au top. Ce genre de message me rend fière. »

Quoique satisfaite de son travail, Mira nourrit de grandes ambitions dans un proche avenir. « Dans 5 ans Inchallah, Mira beauté sera un building. Dans les 5 ans, je sais qu’il y aura beaucoup de progrès. Il y a plein de projets que je suis en train de faire. Comme l’homme propose Dieu dispose, ce qui est sûr quand même, je sais que dans 5 ans je serai très loin », projette-t-elle.

Pour avoir traversé beaucoup de situations difficiles et pour une question de dignité, madame Kourouma a adressé un message vibrant à l’endroit des jeunes : « Franchement, ce que je peux dire aux jeunes filles qui comptent sur les gens ou sur les hommes, ne comptez pas sur les gens. Ne comptez que sur vous- même parce que la seule personne qui peut vous prendre en charge durant toute votre vie, c’est vous-même. Même votre mère et père ne peuvent pas vous prendre en charge du tout. Donc, tout ce que je peux vous dire mes chéries si vous pouvez étudier, étudiez. Si vous pouvez faire des métiers faites des métiers, si vous pouvez vraiment faire tout ce qui peut rapporter de l’argent sans pour autant se prostituer ou faire des trucs illégaux, faites-le ».

Mariam Conté