MARIAM MOHAMED KEITA: elle transforme les plastiques en pavés

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Mariam Mohamed KEITA, entrepreneure
Mariam Mohamed KEITA, entrepreneure

Aujourd’hui beaucoup de femmes demandent l’égalité entre les sexes, mais peu parmi elles prennent le risque de faire comme les hommes. Différente des autres, Mariam Mohamed Keita est Cheffe d’une entreprise de fabrication de pavés en plastique. Sa production varie de 100 à 130 par jour avec un effectif de 5 dont 3 femmes. La jeune dame est une véritable entrepreneure qui rêve grand.

 Âgée de plus d’une vingtaine d’années, Mariam Mohamed Keita a  fait ses études primaires à ” Abraham Lamah” au KM36, puis les secondaires au collège ”Le Savoir” à Kassonya en 2005. Après deux ans au lycée, son mariage en 2008 ne lui a pas permis de terminer le cycle. Une fois mariée,  elle se lance à fond dans ses devoirs conjugaux. Après trois ans, la jeune dame reprend ses études et s’inscrit en Gestion informatique et commerce dans une école professionnelle à Kipé. A sa sortie de l’IPM, elle devient formatrice en esprit d’entreprise pour l’ONG  Académie N’KO. Mariam a aussi contribué à l’éradication du virus Ebola en Guinée.

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 Aujourd’hui, la volontaire de la Croix-Rouge est cheffe de l’entreprise” BINEDOU GLOBAL SERVICE”. Une entreprise qui fabrique des pavés  en plastique. Tout a commencé par un rêve d’entreprendre. Après des formations en entrepreneuriat avec le PNUD, elle participe à un concours organisé par la même institution. Sur  450 jeunes entrepreneurs, Mariam arrive 3è et bénéficie d’un financement du PNUD pour son projet.  

Son amour pour la propreté de l’environnement et sa détermination à contribuer au développement de son pays lui ont donné l’idée de monter cette entreprise : «Mon plus grand problème a toujours été l’insalubrité, surtout les déchets plastiques qui peuvent faire des siècles sans se décomposer. Je me suis donc dit de ne pas attendre que ce soit l’Etat qui le fasse. Moi aussi, je dois faire quelque chose pour lutter non seulement contre l’insalubrité mais aussi concrétiser mon rêve d’entreprendre. C’est comme  çà que j’ai eu l’idée de faire des pavés en plastique»confirme-t-elle.

Sur son chemin, l’entrepreneure a rencontré beaucoup de difficultés:  «La plus grande difficulté a été la méconnaissance du produit par la population. Beaucoup pensait que quant ils mettent ces pavés plastiques dans leurs cours, ça va prendre feu. Sans compter toutes les personnes qui se moquaient de moi quand je sortais pour ramasser ma matière première les déchets plastiques. Elles me disaient: ”Toi belle fille comme çà, tu as fini tes études au lieu de chercher à travailler dans un bureau bien climatisé, tu retournes encore dans le recyclage, dans les déchets. On m’a vraiment traitée de tous les noms», a-t-elle expliqué.

 Malgré toutes ces difficultés, Mariam ne s’est jamais découragée. A côté de toutes ces moqueries, elle  voyait l’aboutissement de son projet : «J’ai cru en moi, je me suis jamais laissée me décourager. Je me suis dit que tout ce qui arrive ne doit pas me faire peur. J’ai donc fait des sensibilisation de porte en porte pour convaincre les gens de la garantie de mon produit, car ces pavés plastiques sont dix fois plus durs que les autres. Mais aussi l’avantage c’est de voir un jour toutes nos rues bitumées par ce  que nous avons jeté.»

La jeune dame ne trouve aucun problème à concilier vie de couple à celle professionnelle. «Je suis très fière de moi aujourd’hui.  Etant une femme,  je suis arrivée à faire une chose à laquelle personne ne croyait. Ma vie de couple n’est désormais plus obstacle à mes ambitions. j’ai compris qu’il faut juste bien se planifier et c’est ce que je fais», explique-t-elle.

 A la gente féminine, cette jeune entrepreneure a pleins de conseils . Pour elle, il ne s’agit pas d’entreprendre parce qu’on veut entreprendre, mais entreprendre et réussir dans quelque chose que les autres n’ont pas ou ont peur de faire. plus  loin, elle ajoute: «Nous disons que nous voulons l’égalité mais nous ne voulons pas travailler dur. On se plaint souvent que les hommes sont à la tête de tout et, nous ne serons pas à la tête si c’est pour ne rien faire.  Je exhorte donc au travail, à la détermination et surtout croyez en vos rêves que quelqu’un vous soutienne ou pas, continuez à croire. Quand vous allez réussir, ils seront tous des vôtres», conclut-elle.

    Mamadama SYLLA

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