Le cri de cœur de Saran Traoré et d’Aminata Abass en ce 25 novembre 2019

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La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes est une journée internationale célébrée le 25 novembre et soutenue par l’Organisation des Nations unies. L’assassinat le 25 novembre 1960 des trois sœurs Mirabal, militantes politiques dominicaines, commandité par le dictateur Rafael Trujillo , est la principale raison qui a conduit la République dominicaine à proposer cette journée de lutte contre la violence faite aux femmes.

Ce lundi, 25 novembre 2019, les activistes guinéennes de défense de droits de la femme ont profité pour mener des actions de lutte. Sur des t-shirts, pancartes et casquettes, on pouvait lire facilement : ‘’Stop aux violences faites aux femmes ‘’. Des messages courts qui en disent long.

Pour de nombreuses activistes, l’heure n’est plus aux discours mais aux actes :

 « Il faut plus de stratégies pour éliminer les violences basées sur le genre. On doit aller sur du concret. On ne peut pas faire des rencontres chaque année, des discours.  Cela, non seulement pour les organisations mais aussi pour les autorités en ce qui concerne les lois. On a laissé place à la parole tout le temps, oubliant qu’il y a d’autres choses qu’il faut utiliser pour mettre fin à ces violences dont nous sommes victimes aujourd’hui », a déclaré Aminata Abass Doumbouya, chargée de communication du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée

L’étudiante pense que beaucoup a été fait pour ce qui est de l’application des textes de loi, mais il y a encore du chemin à faire :

 « C’est vrai que la loi a fait d’énormes avancées mais il faut qu’il y ait plus d’application. Si moi j’étais à la place de ces décideurs aujourd’hui, j’allais appliquer tel qu’écrit dans les textes. Je n’allais pas tolérer un violeur encore moins quelqu’un qui excise son enfant ou qui donne son enfant en mariage prématurément »

Dans la même lancée, Saran Traoré, activiste et présidente de l’ONG Dakandén, a fait sa lecture des faits : « Le constat est alarmant. On fait des luttes mais on ne voit pas de résultats efficaces. Au début, les gens disaient que les filles ou femmes qui sont violentées ne dénoncent pas. Grâce à nos différentes sensibilisations dans les communautés, on voit que les gens dénoncent mais le seul problème, qui doit punir ces violeurs ? », s’interroge-t-elle ?

Selon les statistiques issues de l’enquête nationale sur les VBG, 96% des Guinéennes ont subi des mutilations génitales, alors que 63 %   ont été mariées précocement. Quant aux violences conjugales, elles en sont victimes à hauteur de 85 % contre 77 % des filles ayant été violentées en milieu scolaire et 49 % ayant été victimes des violences sexuelles.

Georges Mamy

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