Fatoumata Keïta, une femme qui compte marquer l’histoire de la Guinée

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Fatoumata KEITA, journaliste, activiste et présidente du Mouvement Panafricain des Leaders
Fatoumata KEITA, journaliste, activiste et présidente du Mouvement Panafricain des Leaders

Jeune dame déterminée et audacieuse, Fatoumata  est une référence qui se taille une place de choix au soleil. Les nombreuses formations qu’elle a suivies en journalisme, communication et tant d’autres, lui ont permis d’asseoir son bagage intellectuel. Quel est le secret de réussite de cette brave dame qui rêve écrire sa propre histoire en Guinée? Notre reporter Alsény Aye Soumah est allé à sa rencontre, lisez.

Cité chinoise, située au bord de la route du Niger environ 100 mètres du ministère de la Sécurité, à Coléah  dans la commune de Matam. À la rentrée principale de la Cité, se trouve un étage de 6 dalles. Nous nous introduisons dans cette cour hautement surveillée, les vigiles nous stoppent pour les pièces d’identité, et l’objectif de notre visite. Après un court échange, ils nous amènent sous le hall du building. Puis dans l’ascenseur pour atterrir au quatrième étage. Ici travaille Fatou Keïta au sein d’une ONG appelée Coginta.

Coginta, une ONG internationale dont l’emblème est affiché partout dans la salle d’attente. Quelques minutes après, nous rentrons dans le bureau de Fatoumata Keïta. «Ahh, c’est vous!» s’étonne-t-elle. Une salle climatisée comme on peut l’imaginer, assise derrière son bureau, sa paire de lunettes identique à ses yeux blonds, on pouvait la qualifier de “ sénégalaise.”

 Habillée à la française, son teint africain dégage un éclat naturel.  Fatoumata se rappelle de son enfance difficile et turbulente: «Une enfance très compliquée, puisque j’étais tellement embêtante, je pratique le sport comme les hommes donc très difficile à canaliser. Et surtout j’aimais chercher pour moi l’argent » En l’écoutant raconter, on sent un parfait accent wolof pour signifier qu’elle est de Dounet situé à 30 km du chef lieu de la préfecture de Mamou en Moyenne Guinée.

Fatoumata KEITA
Fatoumata KEITA

Traversant cette région montagneuse pour rejoindre Conakry la capitale guinéenne, cette jeune dame a bu le calice jusqu’à la lie avant de s’intégrer dans le milieu soussou pour dire qu’elle est  du  Fouta-Djalon. ”J’ai fait mes études primaires et secondaires à Mamou, et la terminale au lycée Matam. Puis l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia où je fus orientée en Lettres et sciences de langage.” À vu d’œil, cette jeune dame n’est pas bavarde, moins timide encore. 

”Mon premier objectif”

Habituée aux médias pour dire qu’elle est journaliste,  cette dame parle sans complexe. Tirant sa chaise derrière, boudant le micro d’un moment, le regard dans le plafond, Keïta donne l’objectif qu’elle s’est fixé: «Mon premier objectif, c’était d’être une journaliste.  Je rêvais de cela depuis mon enfance et j’ai d’autres choses que je me préserve de dire.» 

Perspicace et persévérante dans le métier de journalisme, Fatoumata s’est créée une place importante dans ce milieu. La jeune dame se lève de sa chaise pour nous fournir des exemplaires du magazine qu’elle a créé: « Tenez, c’est mon magazine “Dounet”, un magazine d’informations générales et une agence de communication dont mon mari est rédacteur en Chef.» 

Du journalisme à la communication, Keïta a franchi des étapes difficiles avant d’être chargée de communication de Coginta,une organisation chargée de la réforme sécuritaire en Guinée. «Mon seul secret, c’est de croire en moi et en ce que je fais. Faire ce que les gens pensent que c’est impossible.» 

 En la regardant parler, on sent une véritable ambition dans les yeux et dans sa pensée pour éviter de dire qu’elle nourrit assez d’idées novatrices: « Je veux faire partie des gens qui feront bouger la Guinée dans le futur. Et je compte me lancer dans la politique et enlever mon manteau d’activiste de la société civil, juste pour écrire mon nom dans l’histoire de mon pays. »

Mon premier objectif”

A la fin de son contrat à guineematin.com en 2015, elle décide de voler de ses propres ailes. C’est ainsi qu’elle lance  l’agence Dounet Communication. Femme dynamique et engagée,  la lauréate Prix du Jeune Leader  Émergent de 2017 a su tenir tête aux obstacles. Malgré les défis énormes liés au leadership féminin en Guinée (harcèlement), elle a pu exécuter des marchés de l’Etat, de la CENI, du Bureau International du Travail BIT, des particuliers etc. Aujourd’hui, elle a les marchés du cabinet global Consulting. En marge de ce brillant parcours, elle a été recrutée comme chargée de programme du projet cadre de concertation nationale sur la place des écoles franco-arabes et islamiques dans le système éducatif.

En Avril dernier, Fatoumata a été cooptée par l’ONG Coginta qui a été marquée par son savoir-faire en matière de communication pour assurer la communication du projet partenaires pour la sécurité en Guinée, la réforme de la police au service du citoyen financé par le département d’Etat américain

Née d’un père ingénieur des Eaux et Forêts, et mère d’un petit gosse, Fatou concilie le foyer à son travail grâce à l’appui de son mari, qu’elle qualifie de coach : « Un homme sensible tout le temps, disponible pour mes problèmes, Mon premier objectif.» 

Avec un ton pathétique, et une pensée pour les femmes qui ont échoué dans les projets,   l’ancienne reporter des sites www.africaguinee.com et www.guineematin.com les réconforte: 

« Échouer, c’est une leçon  ce n’est pas la fin du monde.  Ce que je veux dire aux filles surtout celles qui sont diplômées: tomber n’est pas mauvais, c’est ne pas révéler qui est mauvais. Il ne faut jamais compter sur un mari bats-toi pour atteindre ton objectif, le mariage c’est un autre cas. Le boulot est le premier mari, car, il  ne va jamais te rejeter.»

Alsény Aye Soumah