« Alors vous attendez quoi ? »

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Fatoumata Kouyate, webactiviste
Fatoumata Kouyate, webactiviste

Bonjour, j’écris sur un sujet auquel je suis assez sensible aujourd’hui. Il n’y aura rien de gênant à en parler, juste un petit aparté. Je suis d’avance rassurée que vous serez tolérants à la manière dont je dirai les prochaines lignes, je ne saurais les dires autrement.

Hier, je suivais une émission américaine animée par Jada Pinkett Smith, Red Talk Table. Le sujet portait sur L’ADOPTION d’enfants afro-descendants par les personnes blanches aux États-Unis.

D’après ce que j’ai compris de l’épisode (diffusé en anglais), beaucoup d’américains, afro, ont du mal avec l’adoption d’enfants afro-descendants. Les raisons expliquées par l’animatrice elle-même étaient d’ordre culturels. Selon elle, les blancs ne peuvent pas s’occuper d’enfants “black” comme le ferait une famille noire ; que donc l’adoption serait typiquement un caprice de blancs privilégiés. Bon elle ne l’a pas dit typiquement comme ça, mais je l’ai compris de cette façon (sur ce coup je suis restée subjective, désolée).

Bon après ce sont des américains quoi ! Par conséquent pourquoi s’occuper de leur vie, d’autant plus que si un enfant a l’immense CHANCE d’être adopté, il faut s’en réjouir au lieu de critiquer. En plus, je ne vois pas un parent adopter pour mépriser par la suite. (D’après ce que j’ai compris de la vie, on adopte pour plusieurs raisons et pas uniquement parce qu’on est stérile, BREF).Cette anecdote pour poser le sujet du jour de mon journal.

Parlons de notre Guinée !

Laissez le rêve américain là et revenons à la société que l’on maîtrise. Parlons d’Afrique, parlons de Guinée.

Je n’ai pas fait d’études approfondies du sujet, mais je sais que la Guinée est suspendue de la convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, convention du 29 mai 1993, qu’elle a ratifié le 1er février 2004. Les raisons ? Sur le site du gouvernement français ils disent 《 les autorités locales n’ayant pas encore terminé la mise en place du cadre institutionnel et procédural conforme aux principes de la Convention de La Haye, toutes les procédures d’adoption, y compris les adoptions intrafamiliales, sont suspendues depuis le 31 mars 2012》. Je suppose que la suspension est UNIQUEMENT relative à l’adoption internationale d’un enfant en Guinée.

Aussi, la France semble être le pays qui accordait le plus de visas à des enfants adoptés en Guinée avant sa suspension en 2012 (69 visas accordés entre 2003 et 2011), suivaient les USA et la Suède.

Ça fait trop d’infos peut être mais, j’ai pu lire dans un document récent qu’il n’y a pas d’agence d’adoption en Guinée. Je répète dans notre pays, il n’y a pas d’agence d’adoption. Bref, allez lire par vous-mêmes.

Cf: https://coeuradoption.org/wiki/doku.php?id=pays:guin%C3%A9e

Parlons des faits !

[Je n’en suis pas encore venue aux faits].

Toujours dans mes recherches, j’ai lu dans le journal Le Monde que l’Afrique est le continent le plus touché par l’infertilité ;

Entre 15 % et 30 % des couples africains ont des difficultés à procréer, les mauvaises conditions sanitaires étant un facteur aggravant.

D’après Ernestine Gwet Bell, gynécologue obstétricienne spécialisée en infertilité à Douala, au Cameroun et ancienne présidente du Groupe interafricain d’étude et de recherche et d’application sur la fertilité (Gieraf) , « La fécondité des femmes en Afrique subsaharienne est en train de baisser. L’hypernatalité est loin d’y être aussi marquée qu’on le pense » (C’est une experte qui parle s’il vous plaît).

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/18/l-afrique-continent-le-plus-touche-par-l-infertilite_4885427_3212.html.

C’est vrai qu’on essaie (pas nous, les experts) tant bien que mal de développer la fameuse technique de la fécondation in vitro ou du moins la rendre plus accessible au peuple, laquelle jusqu’ici réservée à une poignée de riches.

Ce qui m’amène à me poser la question de savoir pourquoi les personnes infertiles (oui, parce que ne n’est comme avec les règles périodiques, ce n’est pas qu’une affaire de femme) ne songent-elles pas à l’adoption ? Je veux dire celles qui en ont les moyens, Dieu sait que beaucoup de familles rempliraient les conditions légales requises pour adopter sur le territoire guinéen. (Je tiens quand même à préciser que je ne parle plus de l’adoption internationale là. On est puni, on est puni. Un point c’est tout).

C’est moi ou adopter est gênant chez nous ? Comme si ce n’était pas culturellement approprié. Pourquoi certains se résignent à leurs conditions sans songer à cette alternative salvatrice ?

Ça dérange en quoi d’adopter, réellement ?

Faites le tour des orphelinats, allez à la rencontre de petits bouts de choux, aux cœurs purs qui ne demandent qu’à vous partager leur amour innocent. Si vous remplissez les conditions (renseignez-vous), je vois prie d’adopter. Je suis sûre qu’ils ne manqueront pas d’amour avec vous comme parents.

Un peu plus haut, j’ai dit qu’on peut adopter pour les raisons Paul et Pierre. Alors vous attendez quoi ?

Fatoumata Kouyaté